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Les je(ux) de mots…de fabrique de soi – le n°2 sur la croissance professionnelle

Voir un être grandir, s’engager, évoluer, gagner en maturité, s’épanouir, réussir…Clairement, tant pour un individu qu’un collectif, la croissance professionnelle offre des perspectives prometteuses et s’inscrit en parfaite adéquation avec les défis sociétaux qui nous attendent. Dans la mesure où elle est bien appréhendée, elle représente un gisement formidable de création de valeur et de sens.

Dans un monde en pleine mutation et en constante évolution, nous avons besoin d’être en capacité de mobiliser les bonnes ressources et énergies.  La mobilité physique et intellectuelle, la créativité, le rayonnement émotionnel et le don de soi pour susciter la confiance deviennent des atouts clés à développer.

Lancée depuis 10 ans dans l’aventure du développement de Fabrique de soi, je me présentais jusqu’ici comme spécialiste de l’évolution professionnelle et de la conduite de changement. Pourtant, je sentais qu’il manquait quelque chose d’essentiel pour qualifier ce que mes clients viennent chercher.

En parcourant le guide la croissance professionnelle présenté par @HBR, cette association de termes a immédiatement fait tilt. Elle invite à nous y intéresser non plus uniquement sous l’angle de la performance financières, du progrès technique ou d’augmentation de la production, …mais la (ré)ouvre…(il était temps) à l’humain qui porte des projets professionnels et chemine au quotidien pour les réaliser.

Plus concrètement, s’inscrire dans une vraie dynamique de croissance implique pour chaque professionnel de connaîtreles forces sur lesquelles il ou elle peut s’appuyer pour être en mesure de faire face à l’incertitude, gérer la complexité et s’adapter avec pertinence quand des obstacles se présentent. Face à un tigre, nous avons intérêt à nous défendre avec nos meilleurs atouts pour nous en sortir ! Cela semble relever du bon sens, mais cela ne va pas de soi. Culturellement, nous sommes plutôt portés à faire des efforts pour combler nos faiblesses. Et ce n’est pas (encore) à l’école qu’on apprend à reconnaître ses talents ni à les investir pour en faire des forces.

En entreprise, nous regorgeons d’outils, de méthodes, d’indicateurs et de mesures chiffrées centrés sur les projets, les process. Nous disposons de référentiels pour gérer les compétences, favoriser la mobilité dans un univers prédictible. En revanche, nous sommes encore bien démunis lorsqu’il s’agit de d’accompagner la croissance d’une personne ou d’un groupedans une logique de développement durable .

Partir de la personne pour voir comment elle peut au mieux se relier à sa mission et contribuer de la valeur, nous fait sortir de notre zone de confort. Ainsi, nous nous retrouvons sans GPSpour nous repérer et sans outils standardisés à appliquer. Or relier la croissance humaine à la croissance économique comporte des exigencessur lesquelles on ne peut faire l’impasse : de la rigueur pour appréhender et comprendre le processus du changement, une éthique forte et le juste état d’esprit pour l’initier et le conduire sur de bonnes bases.

Un être humain s’épanouit au mieux quand il peut développer et offrir ce qui a le plus de la valeur pour lui. Sans le respect qui lui est dû, il est vulnérable et peut vite basculer en « mode survie » s’il se sent en insécurité ou a l’impression qu’on en abuse.

C’est là que se situe le principal changement de paradigme : on ne peut pas tricher avec l’humain. Quand il y a de l’espace pour l’expression de ses valeurs et de ses talents, de l’ouverture par rapport à sa vision des choses, alors il peut mettre du cœur à l’ouvrage. Les talents deviennent monnaie d’échange et source de création de valeur. Chacun peut donner le meilleur de soi au collectif dans lequel il s’investit.

Cela implique entre autres d’assumer de commencer par nous-même, sans tout attendre des autres. Nous sommes tous concernés, sans distinction de rang et de fonction.  S’il est facile de comprendre mentalement la logique de nous intéresser au « capital humain » et l’intérêt de développer les « soft skills », le faire en partant du cœur est une toute autre paire de manches, …mais le jeu en vaut la chandelle.

Je serais ravie de recueillir votre avis sur ce sujet qui me paraît d’une haute priorité. Tout un état d’esprit, une culture à acquérir !  Une perspective qui me réjouit, d’autant plus si nous sommes nombreux à la partager et contribuer à la diffuser ! Merci d’avance à vous.